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Académie de Danse Montparnasse

direction Yvonne Meyer

Yvonne Meyer - Professeur de Danse classique

Yvonne Meyer

Née à Rio de Janeiro, Brésil, elle y commença sa carrière au Théâtre Municipal pour devenir rapidement Première Danseuse.

Ses professeurs: Leskova, Veltchek, Schwezoff

Rejoignit à Paris la Compagnie du Marquis de Cuevas où elle interpréta les rôles principaux avec, pour partenaires, Serge Golovine, Zoritch, George Skibine, etc.

Ensuite, elle fut Danseuse étoile ou bien Artiste Invitée de plusieurs compagnies parmi lesquelles:

Elle a travaillé avec les plus grand chorégraphe, dont: Massine, Lichine, Nijinska, Carter, Gore, Bejart, Charrat, Skibine, Taras, Lifar.

Professeur Invité Professeur à Paris Professeur de Stage
 
Très souvent invitée à donner des cours dans plusieurs Compagnies et Académies:
  • à l'Académie Robertson N.Y.
  • à l'Opéra de Rio de Janeiro, Brésil
  • au Théâtre Municipal de Sao Paulo, Brésil
  • au Conservatoire de Levalois-Perret
  • au Conservatoire du 4e Arrondissement
  • au Centre de danse de Paris
  • au Studio Montparnasse
  • Agora d'Ivry
  • Perros-Guirec
  • Saint-Malo
  • Conservatoire Mellignac, Bordeaux
  • Sermione, Italie
  • Nervi, Italie
  • Roanne, Lyon

Soliste du marquis

Danseuse dans le corps de ballet du Théâtre Municipal de Rio de Janeiro, puis soliste, Yvonne Meyer y devient première danseuse lorsque, en 1954, la compagnie du marquis de Cuevas boucle une tournée sud-américaine à Rio…

"J'ai appris que la compagnie cherchait des danseurs. Je me suis présentée et j'ai pris le cours devant Rosella et George Skibine, le marquis n'étant pas là. Mais il faisait entièrement confiance en ses étoiles. J'ai été engagée sur te champ. J'avais 19 ans. J'ai tout de suite répété Les Sylphides, Le Lac et d'autres ballets: il n'y avait pas beaucoup de différences avec le répertoire que je dansais à Rio. En revanche, les salaires, par rapport à ce que je gagnais au Théâtre Municipal, me parurent fabuleux! D'ailleurs nous avions deux salaires: un pour la France, l'autre pour l'étranger, payé en dollars, plus les défraiements. Plus tard, ces salaires diminuèrent nettement… Et il fallait chercher, payer les hôtels, etc. Mais les tournées, sur ce plan, restaient plus avantageuses.

Du Brésil, nous sommes partis pour Marseille, en bateau. Dès le début de ce voyage de vingt jours, j'étais la seule â faire une barre. Puis les autres danseurs se sont joints à moi, petit à petit ... Il y a eu ensuite une tournée en Suisse; Skibine m'a fait travailler la Fée Lilas: les "anciennes" de la compagnie n'étaient pas contentes!

Ma première découverte a été Nijinska, son éternel fume-cigarette aux lèvres, en travaillant sa création du 1er Concerto de Chopin, à Pleyel: je me suis toujours bien entendue avec elle; elle appréciait ma technique, de pirouettes, particulièrement. La création eut lieu au Casino de Deauville: une scène minuscule, où nous dansions aussi Giselle, Le Lac, La Sylphide. Il a fallu couper le nombre de danseurs en deux! J'ai aussi dansé son Boléro, au Théâtre Sarah Bernhardt en particulier, où elle devait engager de nouveaux danseurs, dont Ivan Dragadzé, qui allait devenir mon mari: l'audition s'est réduite â des valses, dansées avec Nijinska, des mazurkas et des polonaises! Pour elle, un vrai danseur devait d'abord savoir danser ces danses-là! Mais Ivan s'est mis à faire des tours à la seconde, terminés par douze pirouettes. L'essai a été concluant ...

G. Zorith et Y. Meyer dans Roméo et Juliette
G. Zorith et Y. Meyer dans Roméo et Juliette

En tant que soliste, je dansais tout, et souvent dans des conditions difficiles, lors de tournées exténuantes: dans le froid au Luxembourg, dans une Allemagne dévastée, dans un climat d'émeute au Maroc, ou sur un praticable incroyablement élevé dans le Roméo et Juliette de Taras, à la Cour Carrée du Louvre, en 1955, en robe longue, où je devais danser comme sur un nuage…

Dans Le Prince Igor, je commençais à m'ennuyer passablement: un soir je me suis mise à improviser des ports de bras, des cambrés. Après la représentation, le marquis est venu me voir: "Je vous ai vu au fond ... Très bien!" Il avait le regard. Il venait de temps en temps aux répétitions, toujours aux spectacles, entouré d'une sorte de cour. Mais il restait proche des danseurs, facile d'accès,chaleureux même, quoique vivant dans un autre monde, à lui. Il savait aussi improviser dans les situations désastreuses comme ce spectacle à Buenos Aires, après de multiples péripéties lors d'une escale à Dakar, et après un total de 48 heures de vol... À peine arrivés, épuisés, il a fallu répéter tout de suite pour entrer en scène. Mais pas de costumes. Le marquis a demandé à Beriozoff de donner un cours, qu'il a fallu abréger, devant un public impatient, puis de donner le spectacle sans les costumes, en collants de travail: Le Lac des cygnes, sous les huées des spectateurs ...

Avec les chorégraphes, outre Nijinska, j'ai toujours eu de très bons rapports : Taras avait beaucoup aimé me faire travailler son Dessin pour six; ou encore Skibine qui a créé son Achille pour moi : il avait un véritable don pour aider les danseurs. Mais Serge Golovine, aussi, m'a fait beaucoup progresser, comme un coach, dans le choix de mes rôles, dans la manière de les aborder. Dans Le Moulin enchanté, il me faisait minutieusement répéter jusqu'aux regards, aux expressions des sentiments. Et c'était pour moi une joie que de danser avec lui Le Cygne noir. Il savait faire confiance.

J'ai quitté la compagnie en 1958, et par là-même mon ballet préféré, Concerto Barocco ... Je n'avais pas eu de grands rôles dans les grands théâtres tout au moins. J'étais impatiente. Je voulais être étoile. Grâce à Irène Lidova, j'ai eu une opportunité en remplaçant Veronika Mlakar, qui quittait la compagnie d'Irène. John Taras m'a fait quelques reproches, mais ma décision était prise ..."

Propos recueillis par O. Marmin

"Saison de la Danse" - juin 1999

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